IA : un atout dans la sûreté ?

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Technologie prometteuse, nous entendons de plus en plus souvent parler d’Intelligence Artificielle (également appelée IA). Elle accélère sa diffusion dans tous les domaines d’activité et notamment dans le domaine de la sûreté, avec la vidéoprotection, où elle suscite de grands espoirs.

L’Intelligence Artificielle est de nos jours la seule issue possible pour travailler en temps réel et non plus seulement en élucidation, après coup. Que peut-elle apporter au domaine de la sûreté et de la sécurité, notamment dans le cadre de la sécurité sur la voie publique ?

Qu’est-ce que l’Intelligence Artificielle ?

En science des données, l’Intelligence Artificielle désigne un cerveau artificiel pleinement fonctionnel. Logé dans une machine, c’est une intelligence qui a conscience d’elle-même et qui peut apprendre, raisonner et comprendre tout comme le ferait un cerveau humain. La particularité de cette intelligence est qu’elle peut également acquérir de nouvelles connaissances sans l’intervention d’un opérateur humain.

L’objectif de la recherche sur l’IA est de créer une intelligence capable de comprendre le monde qui l’entoure, d’acquérir des connaissances et, à partir de ces expériences, d’acquérir des compétences qui n’y étaient pas programmées auparavant. Nous sommes en réalité à des années de ce type de véritable IA, mais les scientifiques ont fait d’énormes progrès dans plusieurs domaines de recherche, y compris l’apprentissage automatique et l’apprentissage profond.

Qu’est-ce que l’apprentissage automatique ?

L’apprentissage automatique (ou machine), c’est le fait de donner de nouvelles connaissances à une machine afin qu’elle apprenne à utiliser ces nouvelles informations et celles précédemment acquises pour améliorer d’elle-même ses performances, le tout sans être explicitement programmée pour le faire.

Au lieu de coder des instructions qui reste inchangées avec le temps, les programmeurs utilisent des algorithmes d’apprentissage automatisés et des ensembles de données qui vont former une machine à évaluer, modifier et au final améliorer ses propres processus informatiques.

Qu’est-ce que l’apprentissage profond ?

L’un des nombreux types d’apprentissage automatique est l’apprentissage profond (également appelé Deep Learning) qui consiste à utiliser des algorithmes spécifiques à une tâche afin de former un ordinateur à classer correctement les nouvelles données. Pour ce faire, les programmeurs travaillent avec des données qui ont été préalablement organisées ou étiquetées d’une manière prédéfinie. Ils enseignent ainsi à un ordinateur comment appliquer des corrélations entre de nouvelles entrées en associant des milliers, voire souvent des millions d’entrées possibles, et des étiquettes correspondantes qu’une machine peut comprendre.

Une fois que l’ordinateur a ingéré et classé de nouvelles entrées, les programmeurs mesurent la précision de la classification de la machine. Dans le cas où la machine se trompe, les programmeurs évaluent le degré de l’erreur et font ensuite des ajustements pour éviter que la machine ne répète cette erreur de classification à l’avenir. De cette façon, ils forment l’ordinateur pour améliorer sa capacité à reconnaître les nouveaux intrants.

En quoi l’apprentissage automatique peut servir à la sûreté urbaine ?

L’IA est très importante dans l’analyse d’image de systèmes de vidéoprotection, où l’ordinateur est capable d’analyser en temps réel et de créer les profils des personnes qui passent devant les caméras. Ceci permet aux opérateurs détecter et de suivre en temps réel une personne au comportement suspect. L’IA est également présente dans les technologies équipées de la reconnaissance faciale.

Elle permet également de faciliter d’épauler les enquêteurs dans le travail de recherche lors de la résolution d’enquêtes : les détails de métadonnées récoltées comme le sexe, l’âge approximatif, la couleur des vêtements, les accessoires, lunettes, sac-à-dos, vélo, etc. permettent de retrouver en quelques minutes, toutes les personnes correspondant au signalement et qui sont passées devant les caméras de vidéoprotection sur plusieurs heures, voire plusieurs jours.

L’IA est également présente dans les systèmes LAPI (Lecture Automatique des Plaques d’Immatriculation), qui automatisent la lecture et l’identification des plaques d’immatriculation afin que les forces de l’ordre, les sociétés commerciales et les municipalités puissent localiser plus facilement les véhicules recherchés.

L’objectif est de permettre au système de prendre une image de l’arrière d’une voiture qu’il n’a jamais vue auparavant et de pouvoir afficher les caractères de la plaque d’immatriculation, son état d’origine et la marque du véhicule. Pour ce faire, il compare la nouvelle image avec les images étiquetées dans sa base de données. Il calcule ensuite la probabilité que la nouvelle image appartienne à un ensemble spécifique de classifications prédéterminées.

L’ordinateur identifie et piste donc automatiquement les véhicules qui accèdent aux installations sous protection et permet ainsi de sécuriser et de surveiller des zones qui étaient jusqu’alors sans protection, comme les aires de stationnement.

Doit-on avoir peur de l’IA sur la voie publique ?

Les opérateurs de vidéoprotection qui visionnent en direct les images des caméras sont des policiers municipaux assermentés. Leur rôle est de patrouiller virtuellement sur le secteur défini et de détecter, à l’aide des logiciels intelligents, les comportements suspects qui interviendraient sous l’œil des caméras. Ils peuvent ainsi aider en direct les équipes sur le terrain dans l’indication et le suivi précis de l’endroit où se trouve un suspect ou dans la description d’une agression ou d’un vandalisme en cours.

L’intelligence Artificielle dans le domaine de la sécurité a pour but unique de renforcer la sûreté et la sécurité des biens et des personnes. Les images récoltées par les caméras de vidéoprotection sont conservées dans des serveurs informatiques hautement sécurisés et sont détruites dans un délai d’un mois sauf pour les images qui auraient été sujettes à une réquisition par les forces de l’ordre dans le cadre d’une enquête.

Alors oui, l’intelligence artificielle récolte des données sur toutes les personnes qui passent devant les caméras, mais ces données ont pour unique but d’enrichir les connaissances de la machine et de la rendre plus performante dans la détection de comportement suspect, et ce dans le but de réduire le vandalisme et l’insécurité dans nos villes. Les systèmes de vidéoprotection sont soumis à des règles très strictes en France. En aucun cas, les données et les images récoltées ne peuvent être utilisées ou revendues à des fins commerciales.

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